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L’élevage nourrit mais dégrade l’environnement

Aujourd’hui, l’élevage représente 40 % de la production agricole mondiale. Il assure les moyens d’existence et la sécurité alimentaire de 45 millions d’éleveurs dans les pays développés et 1,3 milliard dans les pays en développement[1]. L’élevage contribue ainsi aux besoins nutritifs et alimentaires de la planète. Les niveaux de production ont augmenté rapidement en Asie de l’Est et du Sud-Est, en Amérique latine et dans les Caraïbes, mais la croissance en Afrique sub-saharienne a été très lente. Malgré tout, l’élevage est devenu aussi, depuis des années, un secteur de grande importance pour l’économie des pays développés. Le commerce des produits issus de l’élevage a énormément augmenté au cours des 40 dernières années ; multiplié par 30 pour la viande de volaille, de plus de 7 pour la viande porcine et de 5 pour le lait[2]. Il est important de rappeler que la croissance de la population mondiale et des revenus dans le monde entier, à laquelle vient s’ajouter l’évolution des préférences alimentaires, stimulent un accroissement rapide de la demande de viande, de lait et d’œufs, tandis que la mondialisation alimente le commerce d’intrants et d’extrants.

En 2006, un rapport de la FAO affirme que l’élevage est l’une des principales causes des problèmes d’environnement les plus pressants, à savoir le réchauffement de la planète, la dégradation des terres, la pollution de l’atmosphère et des eaux et la perte de biodiversité.

En Amérique latine, par exemple, l’accroissement de la production animale s’effectue au détriment de la forêt pluviale tropicale causant d’importants dégâts à l’environnement[3] et à la biodiversité. Il faut rappeler que deux types d’élevage sont pratiqués  notamment l’élevage intensif et l’élevage extensif.  L’élevage intensif est cet élevage caractérisé par l’utilisation de surfaces réduites, avec une population élevée d’animaux.  Par contre, l’élevage extensif repose sur la libre circulation ou le parcage d’animaux dans des pâtures, c’est-à-dire des prairies naturelles ou artificielles (i.e. semées avec des espèces végétales pâturables choisies et entretenues par l’éleveur lui-même)[4]. Dans le cas de l’élevage intensif, une faible surface de culture y est donc dédiée à l’alimentation des animaux, ce qui fait que l’éleveur a souvent  recours à des achats importants de fourrage, qui incitent donc à une agriculture intensive qui, n’est pas sans conséquences sur la terre, les forêts et la biodiversité. Il est révélé que l’élevage intensif des animaux est en grande partie responsable de l’érosion des sols, qui, à la longue atteint son stade le plus grave qui est la désertification de l’environnement[5]. La dégradation des sols peut survenir à la suite d’une exploitation excessive des pâturages : le bétail dessèche la terre avec ses sabots et arrache la végétation (souvent jusqu’aux racines qui maintiennent le terrain) ce qui a pour conséquence, l’érosion des sols, en cas de pluie et de vent.

Par ailleurs, la pollution des sols et des eaux est aussi liée à l’élevage intensif du bétail et à la lourde utilisation du terrain au profit des monocultures destinées à alimenter les animaux. Cette forme de pollution est apparue dans les années 50 à cause du recourt systématique aux fertilisants chimiques, de synthèse et aux pesticides.

L’élevage nourrit donc la planète, mais participe surtout à la dégradation de l’environnement à plusieurs égards.

Des raisons qui prouvent que la production de la viande est nocive pour le climat

La déforestation due à l’élevage extensif est une des principales causes de la perte de certaines espèces végétales et animales uniques dans les forêts ombrophiles d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud, ainsi que d’émission de carbone dans l’atmosphère”, a déclaré M. Henning Steinfeld, Chef de la Sous-Division de l’information, de l’analyse sectorielle et des politiques en matière d’élevage à la FAO. En réalité, la production de viande, de produits laitiers et d’œufs est l’une des principales causes du changement climatique, de l’érosion des sols, de la pollution de l’eau et de la diminution de la biodiversité, causés par l’homme. Un des exemples les plus distinctifs des dommages environnementaux causés par la production massive de viande est celui de la forêt Amazonienne où 88% des zones déboisées sont consacrées au pâturage. Au Brésil, en l’espace de 6 ans, les exportations de viandes bovines ont augmenté de 600 %, surtout à destination des pays européens. La déforestation de la forêt amazonienne au profit du pâturage contribue grandement aux émissions de gaz à effet de serre, ce qui est mauvais pour le climat. Ces gaz contribuent au réchauffement du climat menaçant ainsi la vie sur terre.

Selon la FAO, les animaux d’élevage sont responsables de 14,5% des émissions totales de gaz à effet de serre ; ce qui représente 7,1 gigatonnes de CO2 par an. Ces émissions proviennent des ruminants. Ceux-ci ingèrent de l’herbe qui, en arrivant dans leur rumen (premier compartiment du système digestif) est dégradée par des bactéries méthanogènes qui libèrent alors le méthane sous forme de renvois et de flatulence. En ce qui concerne la gestion des effluents issus de l’élevage, ce sont le fumier et le lisier résultant d’un mélange d’excréments d’animaux, d’urine et de litière qui, répandus sur les champs émettent du méthane et du protoxyde d’azote, des gaz à effet de serre à fort potentiel de réchauffement du climat.

L’agriculture animale représente la moitié des émissions de gaz à effet de serre liées à l’alimentation. Au total, le système alimentaire mondial contribue pour environ 30% à toutes les émissions d’origine humaine. Pour illustrer encore plus l’impact négatif de la production de la viande sur le climat, il est estimé que, dans le monde, les 20 plus grandes entreprises de l’industrie de la viande et des produits laitiers émettent plus de gaz à effet de serre que l’ensemble de l’Allemagne. Selon le GIEC (2014), les émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine représentent  9,3 % pour uniquement les bovins ; ce qui est plus que le secteur des transports. La FAO estime que 70 % de la surface agricole mondiale est utilisée soit pour le pâturage du bétail, soit pour la production de céréales destinées à les nourrir.

Ceci prouve à suffisance que l’élevage, la production  animale en générale et la consommation sans cesse croissante de la viande et des produits animaliers (laits, œufs etc.) sont nocifs pour notre climat.

La production de la viande reposerait aussi sur un système inefficace qu’il faut changer !

Il est affirmé que la production de viande bovine repose sur un système inefficace. En effet, en seulement un an, 145 millions de tonnes de céréales et de soja ont été produites aux États-Unis et, de leurs transformations, ont été retirées seulement 21 millions de tonnes de viande, de lait et d’œufs. Près de 124 millions de tonnes de nourritures gaspillées qui auraient pu nourrir des populations sous alimentées. La consommation d’eau pour la production des céréales, l’abreuvage des animaux ainsi que pour le nettoyage des étables est un des facteurs de majeure consommation des ressources hydriques mondiales et cela crée un profond impact sur l’économie des ressources de la planète. Il est estimé que 16.000 litres d’eau sont nécessaires pour produire 1 kilo de viande de bœuf, bien plus que pour le porc (4 600 litres) et le poulet (4 100 litres). C’est aussi bien plus élevé que la consommation nécessaire à la culture de céréales telles que le riz (1 400 litres), le blé (1 200) ou le maïs (700). Un véritable gâchis !

Produire et manger bien pour éviter que le climat ne s’échauffe à nouveau !

Il existe des preuves cohérentes selon lesquelles les régimes riches en aliments à base de plantes et faibles en produits d’origine animale sont moins dommageables pour le climat. Considérons, par exemple, que produire 1 kg de bœuf libère entre 16 et 30 kg de dioxyde de carbone dans l’environnement, alors que produire 1 kg de tofu ne dégage que 1 kg de dioxyde de carbone. Par exemple, remplacer le bœuf par des haricots permettrait de libérer 42% des terres agricoles des États-Unis, d’atteindre 75% de l’objectif climatique des États-Unis à l’horizon 2020 et de fournir suffisamment de protéines alimentaires.

Il devient impératif d’aider le climat à travers notre consommation alimentaire quand on se réfère aux propos de Jose Graziano Da Silva, Directeur General de la FAO qui dit : «Nous ne devons pas perdre de vue notre double objectif, à savoir la sauvegarde de la sécurité alimentaire face aux effets du changement climatique, et la promotion d’une agriculture plus durable et plus résiliente». Pour ce faire, les gouvernements et responsables de l’agriculture, ainsi que les citoyens doivent promouvoir, entre, autres:

  • Manger local et végétarien
  • Produire local
  • Diminuer la consommation individuelle en viande
  • Promouvoir l’élevage durable

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Auteur : M’koumfida Bagbohouna

[1] http://www.la-viande.fr/environnement-ethique/atlas-elevage-herbivore/elevage-dans-monde-defis-diversite

[2] www.fao.org/docrep/016/i2373f/i2373f.pdf

[3] http://www.fao.org/newsroom/fr/news/2005/102924/index.html

[4] C’est le cas de l’agropastoralisme au Maghreb et au sahel. Voir par exemple Abdelaziz Boudjadja, « La région steppique de Ain Ben Khellil et sa zone humide Oglat Ed Daïra (Naâma, Algérie) », Courrier de l’environnement de l’INRA, no 61,‎ décembre 2011, p. 105-118

[5] https://lewebpedagogique.com/latelierdelastrolabe/2015/05/14/lelevage-bovin-intensif-aux-etats-unis/

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